• «Quand je travaille avec un enfant gravement malade, j’essaye avant tout de renforcer ce qu’il y a de sain en lui.»
    Christiane Rupp, musicothérapeute

  • «La musique rallie les êtres humains au-delà des frontières et des cultures, car elle touche au plus profond.»
    Kian Soltani, violoncelliste

  • «Le mot progrès n'aura aucun sens, tant qu'il y aura des enfants malheureux.»
    Albert Einstein

  • «Pour moi, entrer en mouvement, c’est entrer en méditation.»
    Maurice Béjart

  • «L’art et la musique touchent les jeunes patients là où les piqures ne peuvent pas les atteindre…»
    Petula Clark, chanteuse et marraine de la Fondation Art-Thérapie

  • «La couleur surtout, et peut-être plus
    que le dessin, est une libération.»
    Henri Matisse

Accéder à une compréhension plus élargie de sa personnalité

« C’est en jouant et seulement en jouant que l’individu, enfant ou adulte, est capable d’être créatif et d’utiliser sa personnalité tout entière. C’est seulement en étant créatif que l’individu découvre le soi .» – D. Winnicott

En s’exprimant par la création, la personne malade est impliquée dans un travail de mise en forme de son vécu: c’est le processus de création. A travers ce processus et avec la matière choisie (peinture, terre, collage) la personne va non seulement s’exprimer mais également transformer la trace de ce qu’elle ressent. Ce travail implique le corps à travers l’action et les sensations, ainsi que les émotions et la pensée.

Ce processus amène non seulement la personne à s’exprimer, mais il lui permet également d’accéder à une compréhension plus élargie de sa personnalité et de ce qu’elle vit. Par le biais de la création, elle renoue un rapport vivant à elle-même. L’accompagnement du patient par l’art-thérapie est un soutien complémentaire aux autres soins proposés. Les échanges avec les autres professionnels de la santé sont importants et riches. Cette collaboration intense permet à chacun de porter un regard autre sur la personne malade et sur son histoire, et celle-ci peut ainsi affronter et accepter les changements qu’impose son état de santé (crise, maladie, accident, etc).

Christina Anzules, art-therapeute, Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG)

Activer des ressources et des potentialités saines

Musicothérapie avec des enfants souffrant d’un handicap lourd, il s’agit en la matière d’établir un contact avec des patients qui vivent comme enfermés dans un monde intérieur, de leur donner un instrument leur permettant d’exprimer, autrement qu’avec des mots, leur joie, leur colère ou leur tristesse et d’ouvrir ainsi, main dans la main avec leurs proches, une porte vers une meilleure qualité de vie.
Forme de thérapie reposant sur l’expérience et stimulant la sphère émotionnelle du patient, la musicothérapie s’emploie à activer des ressources et des potentialités saines. La production – dans le cadre d’un suivi thérapeutique – de sons, de rythmes et de mélodies aide à exprimer des émotions et à surmonter des expériences douloureuses. Dans le quotidien hospitalier, la musicothérapie est particulièrement utile lors de situations où le dialogue avec le patient s’avère très difficile voire impossible. Sa vocation première est d’améliorer et de préserver la qualité de vie de la personne.

Christine Erb, musicotherapeute, Hôpital pédiatrique universitaire de Bâle (UKBB)

Communiquer ses émotions et ses besoins

Dans le cadre de l’art-thérapie et de la musicothérapie, nous utilisons, outre les méthodes verbales, une multitude de supports artistiques comme la musique, le théâtre et les jeux de rôle, la peinture, la sculpture, la narration et l’invention d’histoires. Par l’acte de création, le patient découvre ses propres ressources et renforce sa confiance en lui.

L’art-thérapie et la musicothérapie lui permettent de s’immerger dans un autre monde. Il peut alors communiquer ses émotions et ses besoins et travailler sur cette expérience à l’hôpital et se sentir capable et actif, ce qui constitue une étape primordiale dans la compréhension de la maladie ou de l’accident et dans le processus de guérison. Pour les thérapeutes, les échanges avec l’équipe soignante et avec les médecins revêtent une importance capitale en ce qu’ils permettent de s’informer sur l’état du patient et de discuter ensemble des situations réjouissantes ou éprouvantes.

Cintia Balau, art- et musicotherapeute, Kinderspital Zürich (KISPI)

Elle était couchée à plat ventre et ne bougeait pas.

Les musiciennes du CHUV accompagnaient depuis une année une fillette de 3 ans atteinte d’un cancer qui s’était déclaré peu après sa naissance. A cause de son extrême vulnérabilité, l’enfant faisait régulièrement de longs séjours dans le Service d’oncologie, souvent en isolement. Lorsque nous l’avions vue pour la première fois, elle avait 8 mois. Elle était couchée à plat ventre sur son lit et ne bougeait pas. Elle avait l’air sans force et sans vie, sa maman assise tristement à côté d’elle. A l’écoute d’une première mélodie, elle a levé la tête et l’a tenue avec force tout au long de ma chanson, les yeux grands ouverts, nous offrant à la fin un immense sourire.

Lors de nos nombreuses visites subséquentes, nous avons eu l’occasion de créer des liens très proches. La maman de Marion aimait passionnément la musique et particulièrement le chant. Ainsi, chaque rencontre devient un véritable tour de chant qui apaisait, faisait danser sur place et sourire la fillette. On sentait alors que ces instants musicaux étaient devenus des moments de bonheur pour l’enfant qui semblait à chaque fois reprendre de la force, et notamment celle de lutter contre sa maladie.

Christiane Rupp, musicienne, Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV)

Emue et en même temps soulagée

Elle est émue, pleure et se sent en même temps soulagée d’avoir enfin donné une voix à sa maladie, dont l’instrument sera désormais le symbole.
Sabine, patiente anorexique de 16 ans, maîtrise parfaitement l’expression verbale. Elle se sent comme un poisson dans l’eau lorsqu’il s’agit de débattre d’idées. Mais ses sentiments sont alors cachés ou enfouis. Claudia Hablützel, musicothérapeute, lui propose donc de donner une voix musicale à l’anorexie dont elle souffre. Elle cherche, essaie plusieurs instruments et tombe soudain sur un instrument qui l’interpelle. Il a une forte intensité sonore et domine tous les autres.

Claudia Hablützel, musicothérapeute, Hôpital cantonal de Winterthour

Le service de pediatrie ressemble à un refuge

Le service de pédiatrie de l’Hôpital régional de Lugano prend en charge des patients présentant des pathologies diverses, de la naissance à l’âge de 16 ans environ. Travaillant dans un cadre aussi large, l’art-thérapeute accueille des problématiques qui vont de la maladie somatique aux pathologies psychoaffectives, des troubles du comportement alimentaire aux situations socio-familiales difficiles.
Au terme de leur hospitalisation, les patients peuvent poursuivre le processus d’art-thérapie en mode ambulatoire, renforçant ainsi le rôle de l’art-thérapie en milieu hospitalier. Intégré au sein d’une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, d’infirmières, de psychologues, d’un psychiatre, d’une institutrice, d’ergothérapeutes et de diététiciens, l’art-thérapeute étaie le travail thérapeutique en s’appuyant sur les observations et les principes directeurs convenus. «Comme un timonier, l’art-thérapeute a l’œil rivé sur les étoiles».

Mariella Mulattieri, art-thérapeute, Hôpital régional de Lugano

 

Ca fait vivre quelque chose

«Quand une personne se met à peindre ou a modeler la terre, elle vit des choses à l’intérieur d’elle. Il y a des souvenirs qui émergent, il a des émotions, des sensations. Et puis elle peut faire des liens avec ce qu’elle vit à l’éxtérierur, ce qui est parfois problematique. Ca fait vivre quelque chose, ça fait vibrer. L’art-thérapie pour moi c’est d’amener quelque chose de vivant dans une chose qui est morte ou qui est immobilisée.»

Christina Anzules, Art-thérapeute, Genève

Une contribution précieuse

Plus que je croise ces musiciennes de chez nous je réalise que c’est un apport indispensable et encore plus important que l’on avait imaginé jusqu’aujourd’hui.

Dr. Daniel Laufer, Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV), ancien médecin adjoint du département médico-chirurgical de pédiatrie

Créer pour guérir

«L’art-thérapie, c’est soigner avec l’art, c’est créer pour guérir. Vu les résultats de cette approche, il nous semblaut extrèmement iintéressant de developper une approche globale et une Fondation pour toute la Suisse.»

Prof. Dr. Alain Golay, Médecin en chef, Département d'éducation thérapeutique pour les maladies chroniques, Hôpital universitaire de Genève (HUG) et Président du Conseil d'administration de la Fondation ART-THERAPIE

Gefühle nach aussen tragen

«Beim Zeichnen, Malen oder Modellieren können die kleinen Patienten ihrer inneren Stimme eine Form geben. Kunsttherapie ermöglicht ihnen, das Erlebte besser zu verarbeiten und die oftmals gestörte Beziehung zu sich selbst und zu ihrem Umfeld wieder aufzunehmen.»

Eine Kunsttherapeutin

Den Patienten eine Stimme geben

«Ein Spitalaufenthalt ist für die betroffenen Kinder und deren Angehörige eine einschneidende Erfahrung. Eine schwere Krankheit oder ein Unfall erfasst ein Kind in allen Facetten seines Seins, physisch, emotional und psychisch.

Manche Kinder können nicht sagen, was sie empfinden. Und manchmal machen Worte ein Leiden nur noch schlimmer. Zeichnen und malen, singen oder ein Instrument spielen, Geschichten erzählen, tanzen oder sich einfach der Musik hingeben, geben ihnen eine Stimme und verschaffen ihnen Erleichterung.»

Charlotte Leber, Gründerin und Vizepräsidentin der Stiftung Art-Therapie

Seine Gefühle besser spüren

«Wo Worte nicht hinreichen, das Leiden zu erfassen, zu fühlen, auszudrücken und zu bearbeiten, ist Musikpsychotherapie angezeigt. Im freien Spielen mit dem musikalischen Material (Klänge, Rhythmen, Geräusche, eigene Stimme) treten die Jugendlichen in Beziehung zu sich selbst und nehmen dadurch sowohl ihren Körper und dessen Ausdrucksmöglichkeiten als auch ihre seelische Befindlichkeit besser wahr.  Psychosomatische Erkrankungen gründen nicht selten in sehr frühen, oft schon vorsprachlichen  Beziehungserfahrungen. In der Folge zeigen sich tiefgreifende Ab-Spaltungen und Entfremdungen vom eigenen Körper  und von den eigenen Gefühlen, welche sich in einer psychosomatischen Erkrankung mitteilen können.

Da Klang- und Rhythmusempfindungen als "psychosomatische Gesamtempfindung" bereits dem Ungeborenen früheste Erfahrungseindrücke der Welt vermitteln, ermöglicht der musiktherapeutische Prozess nonverbal neue Beziehungserfahrungen und bietet basale therapeutische Möglichkeiten für die Herstellung einer reiferen Beziehungs-, Dialog- und Kommunikationsfähigkeit.

Beim freien und lustvollen Spielen mit Tönen in der Musikpsychotherapie bei Barbara Gindl in der psychosomatischen Therapiestation „Romerhuus“ am Ostschweizer Kinderspital können eigene Gefühle besser gespürt und später auch benannt werden. Das Lauschen und auch leibhaftige Spüren von Klängen und Vibrationen verhilft der 13-jährigen L., ihren Körper trotz ihrer Erkrankung positiv und entspannt wahrzunehmen.»

Dr. Barbara Gindl, Musik- und Psychotherapeutin, Ostschweizer Kinderspital, St. Gallen

Fühlen

«Ich merke halt, wenn ich mich selbst entspannen kann, dann kann ich mit Hilfe des Singens noch mehr zu ihr kommen, noch mehr zu ihr finden, noch näher zu ihr finden.»

Mutter einer Frühgeborenen

Ein heilsamer Prozess

«Im kreativen Prozess, sei dies Malen, Plastizieren, Musizieren, Theaterspielen usw. kommen die Kinder und Jugendlichen ins Tätigsein, in eine innerliche und äussere Bewegtheit, die heilend wirkt. Das genaue Hinschauen und Hinhören schafft Bezug zur Realität und gibt Selbstvertrauen: «Ich kann mich auf meine Wahrnehmung verlassen!» Gleichzeitig merken die Kinder: ‚Ich kann gestalten und etwas Ureigenes schaffen.’ So wird das Gefühl der Selbstwirksamkeit massgeblich gefördert. Die Kinder sind stolz auf ihre Werke und kommen über sie und den kreativen Prozess in die Wahrnehmung der eigenen Gefühle und Stimmungen: ‚Heute fühle ich mich etwas traurig/ängstlich/stark’ oder des eigenen Verhaltens: ‚Ich kann heute gar nicht so gut bei der Sache bleiben/gebe schnell auf, wenn es nicht so gut klappt’,  aber auch der eigenen Vorstellungen und Werte: ‚Heute konnte ich zufrieden sein mit meinem Werk, obwohl ich es mir viel schöner vorgestellt habe’. Die Kinder und Jugendlichen können auch feststellen, wie sich im eigenen Ausdruck etwas verändert, wie er durch das Üben einer Technik genauer, differenzierter, kräftiger und immer authentischer wird. Die Beziehung zur Therapeutin, welche ungeteilte Aufmerksamkeit schenkt, unterstützt und stärkt das Kind.

Dr. med. Kurt Albermann, Chefarzt Sozialpädiatrisches Zentrum am  Kantonsspital Winterthur und Stiftungsrat der Stiftung Art-Therapie

Die Eltern mit einbeziehen

«Eltern werden durch ihr musikalisches Schaffen auf der Neonatologie zu Koproduzenten der Gesundheit ihres Kindes und ihres eigenen Wohls. Sie sind in der Musiktherapie sowohl «Konsument als auch Produzent» – ein wesentliches Merkmal von Koproduktion.

Im Sinne von Patient Empowerments soll zwar Wissen vermittelt, vor allem aber zum eigenen Handeln motiviert werden. Im therapeutischen Prozess empowert Musik Eltern und Kinder durch responsive und feinfühlige Interaktion.»

Dr. Friederike Haslbeck, klinische Musiktherapeutin, Inselspital Bern, Neonatologie